Poésie

Pour les CM2, au choix:

a) Jeune homme de vingt ans

Qui a vu des choses si affreuses
Que penses-tu des hommes de ton enfance
Tu connais la bravoure et la ruse
Tu as vu la mort en face plus de cent fois
tu ne sais pas ce que c’est que la vie
Transmets ton intrépidité
A ceux qui viendront après toi

Jeune homme
Tu es joyeux ta mémoire est ensanglantée
Ton âme est rouge aussi
De joie
Tu as absorbé la vie de ceux qui sont morts près de toi
Tu as de la décision
Il est 17 heures et tu saurais
Mourir
Sinon mieux que tes aînés
Du moins plus pieusement
Car tu connais mieux la mort que la vie
Ô douceur d’autrefois
Lenteur immémoriale

                                      Guillaume Apollinaire

 

b) SOUS LE VENT D’AUTOMNE

Sous le vent d’automne,
Tombent et s’abandonnent,
Les feuilles qui frissonnent,
Encore un peu.

Sous le vent d’automne,
Viennent et puis moutonnent,
Les nuages qui sillonnent,
Le ciel brumeux.

Sous le vent d’automne,
Vole et puis chantonne,
L’oiseau qui s’époumone,
Dans un adieu.

Sous le vent d’automne,
Tombe et carillonne,
La pluie qui empoisonne,
Jusqu’au bon Dieu.

Sous le vent d’automne,
Vient et m’emprisonne,
La nuit qui tourbillonne,
Dans mes yeux.

A.Cartner

 

Pour les CM1, au choix:

a) Au champ d’honneur

Au champ d’honneur, les coquelicots

Sont parsemés de lot en lot

Auprès des croix; et dans l’espace

Les alouettes devenues lasses

Mêlent leurs chants au sifflement

Des obusiers.

Nous sommes les morts,

Nous qui songions la veille encor’

À nos parents, à nos amis,

C’est nous qui reposons ici,

Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés,

A vous de porter l’oriflamme

Et de garder au fond de l’âme

Le goût de vivre en liberté.

Accepté le défi, sinon

Les coquelicots se faneront

Au champ d’honneur.

John McCrae

 

b) Automne

Quand les bois ont les cheveux courts,
La lune ceint son abat-jour
De brume pâle

Et le vent vole et le vent court
En tournoyant comme un vautour
Sous les étoiles.

Pourquoi mon cœur es-tu si lourd
Quand les bois ont les cheveux courts ?

Rivé aux cailloux de la cour
Le lierre étreint dans ses doigts gourds
Une hirondelle.

Entends-tu dans le petit jour,
Le gel affûter ses tambours
Et ses chandelles ?

Quand les bois ont les cheveux courts
Pourquoi mon coeur es-tu si lourd ?

Pierre Coran